Acheter une maison à rénover coûte 15 à 30 % moins cher qu’un bien en bon état. Avec une rénovation maîtrisée, la plus-value atteint 20 à 40 % à la revente. Le piège principal : sous-estimer le budget travaux. Une marge de 20 % sur l’enveloppe initiale évite les mauvaises surprises.
Pourquoi acheter à rénover en 2025
Un marché du neuf en recul
La construction neuve recule depuis 2023. Hausse des coûts de matériaux, normes RE2020 contraignantes, raréfaction du foncier : les prix du neuf grimpent plus vite que l’ancien. Résultat ? Les biens à rénover redeviennent attractifs pour les acheteurs disposant d’un budget serré.
Les maisons classées F ou G au DPE se négocient 10 à 15 % sous le prix du marché. Depuis janvier 2025, les logements G ne peuvent plus être loués — leurs propriétaires cherchent à vendre rapidement.
Rentabilité d’une opération rénovation
| Poste | Montant | % du total |
|---|---|---|
| Prix d’achat (maison G, 100 m²) | 150 000 € | 63 % |
| Travaux rénovation intermédiaire | 75 000 € | 32 % |
| Frais annexes (notaire, diagnostics) | 12 000 € | 5 % |
| Coût total | 237 000 € | 100 % |
| Valeur après rénovation | 290 000-310 000 € | — |
| Plus-value potentielle | 53 000-73 000 € | +22 à 31 % |
Ce calcul suppose une rénovation bien chiffrée et des travaux réalisés par des artisans compétents. En Hauts-de-France, les tarifs restent 10 à 15 % inférieurs à l’Île-de-France — notre guide sur la rénovation maison dans les Hauts-de-France détaille les prix au m² par type de travaux.
Neuf vs ancien à rénover : le comparatif
| Critère | Maison neuve | Maison à rénover |
|---|---|---|
| Prix au m² | 2 500-4 000 € | 1 200-2 500 € (travaux inclus) |
| Frais de notaire | 2-3 % | 7-8 % |
| Délai d’entrée | 12-24 mois (VEFA) | 3-6 mois |
| Performance énergétique | A ou B garanti | Dépend des travaux |
| Emplacement | Périphérie, lotissements | Centre-ville, quartiers établis |
| Personnalisation | Sur plan | Sur mesure |
| Garanties | Décennale, biennale | Aucune sur l’existant |
Le neuf sécurise. L’ancien à rénover valorise — à condition de maîtriser les risques. Pour les primo-accédants, l’ancien avec travaux reste la porte d’entrée la plus accessible vers la propriété.
Les 7 pièges qui plombent un projet
1. Sous-estimer le budget travaux
L’erreur la plus fréquente. Un devis de 50 000 € finit souvent à 65 000 € une fois les murs ouverts. Raisons classiques : électricité non conforme, charpente fragilisée, amiante dans les dalles. Les maisons en briques anciennes présentent des spécificités — consulte notre guide sur la rénovation maison briques pour les postes à ne pas sous-estimer.
Solution : prévoir 20 % de marge incompressible. Sur 80 000 € de travaux estimés, budgéter 96 000 €.
2. Acheter au coup de cœur
Une façade en pierre, des poutres apparentes, un jardin arboré — le charme masque les défauts. Les acheteurs émotionnels négocient moins et repèrent moins les problèmes structurels.
Solution : visiter avec un professionnel (architecte, maître d’œuvre) dès la deuxième visite.
3. Ignorer les diagnostics
Le DPE, l’état de l’installation électrique, le diagnostic amiante : ces documents révèlent l’ampleur réelle des travaux. Un DPE G avec “isolation absente” signifie 30 000-50 000 € de travaux thermiques minimum.
Solution : lire chaque diagnostic avant de faire une offre. Demander des devis sur les points critiques.
4. Négliger l’emplacement
Un bien 30 % sous le marché dans une zone sans demande reste difficile à revendre. La décote s’explique parfois par l’environnement, pas par l’état du bien.
Solution : vérifier les prix au m² du quartier sur 3 ans. Un écart trop important avec les communes voisines alerte.
5. Se passer d’artisans qualifiés
Faire soi-même pour économiser ? Acceptable pour la peinture. Risqué pour l’électricité, la plomberie ou l’isolation. Un chantier mal exécuté fait chuter la valeur du bien et bloque les aides.
Solution : réserver 70 % du budget aux postes techniques (structure, isolation, réseaux). Consulte notre guide pour bien choisir ton artisan.
6. Oublier les aides financières
MaPrimeRénov’, éco-PTZ, aides locales : ces dispositifs couvrent 40 à 90 % des travaux énergétiques selon les revenus. Les ignorer revient à payer plein tarif un chantier subventionnable.
Solution : déposer les demandes AVANT de signer les devis. Notre article sur la rénovation énergétique et les aides disponibles liste les conditions d’éligibilité.
7. Mal estimer sa capacité de financement
Acheter 180 000 € + 70 000 € de travaux = emprunter 250 000 €. Les banques appliquent le même taux d’endettement (35 % max) que pour un achat classique. Un projet mal calibré se heurte à un refus de prêt.
Solution : valider le montage financier global avant de chercher. Notre guide sur le crédit immobilier au meilleur taux détaille les critères bancaires.
Comment calculer la rentabilité réelle
Formule de base
Rentabilité = (Valeur finale - Coût total) / Coût total × 100
Coût total = Prix d’achat + Frais notaire + Travaux + Marge imprévus
Exemple chiffré
| Poste | Montant |
|---|---|
| Prix d’achat | 160 000 € |
| Frais de notaire (7,5 %) | 12 000 € |
| Travaux estimés | 60 000 € |
| Marge 20 % | 12 000 € |
| Coût total | 244 000 € |
| Valeur estimée après travaux | 300 000 € |
| Plus-value brute | 56 000 € (+23 %) |
Attention : cette plus-value est brute. En cas de revente rapide (< 5 ans), déduire les frais d’agence (5 %) et l’éventuelle imposition sur la plus-value immobilière.
Seuil de rentabilité
Pour qu’un projet soit rentable, la valeur finale doit dépasser le coût total d’au moins 15 %. En dessous, les aléas (travaux supplémentaires, marché en baisse) peuvent effacer la marge.
Les travaux qui valorisent le plus
| Travaux | Coût moyen | Plus-value générée | ROI |
|---|---|---|---|
| Isolation thermique | 15 000-25 000 € | +10 à 15 % valeur | ★★★★★ |
| Réfection cuisine | 8 000-20 000 € | +5 à 10 % | ★★★★ |
| Salle de bain moderne | 6 000-15 000 € | +4 à 8 % | ★★★★ |
| Remplacement fenêtres | 8 000-15 000 € | +5 à 8 % | ★★★★ |
| Extension | 30 000-60 000 € | +15 à 25 % | ★★★ |
| Piscine | 20 000-50 000 € | +5 à 10 % | ★★ |
L’isolation offre le meilleur retour : elle améliore le DPE (argument de vente) et ouvre droit aux aides publiques.
Checklist avant d’acheter une maison à rénover
- Budget global calculé (achat + travaux + 20 % marge)
- Capacité d’emprunt validée pour le montant total
- Diagnostics lus et compris (DPE, électricité, amiante)
- Visite avec un professionnel (architecte, maître d’œuvre)
- Prix au m² du quartier vérifié sur 3 ans
- 3 devis travaux obtenus avant l’offre d’achat
- Éligibilité aux aides vérifiée (MaPrimeRénov’, éco-PTZ)
- Artisans RGE identifiés pour les travaux énergétiques
- Assurance habitation adaptée aux travaux prévue
Financer un achat avec travaux
Prêt immobilier classique + enveloppe travaux
La plupart des banques intègrent les travaux dans le prêt principal. Conditions :
- Devis détaillés signés
- Déblocage par tranches sur présentation de factures
- Taux identique au crédit immobilier
Éco-PTZ travaux
Jusqu’à 50 000 € à taux zéro pour les travaux de rénovation énergétique. Cumulable avec MaPrimeRénov’. Condition : faire appel à un artisan RGE.
PTZ dans l’ancien avec travaux
Le prêt à taux zéro finance l’achat dans l’ancien si les travaux représentent au moins 25 % du coût total. Prolongé jusqu’à fin 2027, il facilite l’accès à la propriété des primo-accédants.
Prochaine étape : faire chiffrer les travaux par 2-3 artisans avant de formuler ton offre d’achat. Le montant conditionne la négociation du prix et le montage financier.



